PATINE______25.10.18 Interview

Hello, on vous présente Charlotte Dereux, co-fondatrice de PATiNE ! Elle nous raconte comment elle a créé et emmené une communauté de fans engagés autour d’une identité de marque ultra-cohérente et d’une vision ultra-bien-pensée. Avec Patine, les étoiles sont alignées, c’est sûr ! Nous déclarons cette interview d’utilité publique, car elle prouve qu’on peut faire de grandes choses dans #lamodelamodelamode avec #feelgood, #ecofriendly #chicfrançais et tellement d’autres choses A LIRE CI-DESSOUS !

Qui es-tu Charlotte?

Je suis une fille… J’ai 2 enfants, j’ai monté Patine avec mon associé Nicolas Poyet, il y a 1 an et 4 mois et là je fais exactement ce que je rêvais de faire. Donc en ce moment je suis en place avec ce que je veux…

Si tu devais définir Patine en 3 mots, ce serait…? ?

C’est quoi le prêt-à-reporter ?

Le prêt-à-reporter, c’est le plus important pour nous car on lance une catégorie produit l’une après l’autre. Quand on fait cet exercice, il faut qu’on fabrique des habits qui durent longtemps. Très vite on a voulu faire un projet qui aille au-delà des habits et qui soit vraiment précurseur sur le « conscious » : on fait des matières très éco-friendly et on a un souci de qualité, car quand c’est beau on a envie de le reporter.

Reporter quelque chose c’est le geste le plus eco-friendly car il faut qu’on apprenne à acheter moins, donc à reporter.
Le nom Patine vient de là : c’est user des choses joliment, ça prend une jolie Patine quand on les aime. Notre rêve c’est qu’on retrouve Patine dans un magasin de vintage dans 10 ans.
Et c’est aussi reporter avec plaisir, ce n’est surtout pas une punition ou une privation, il faut qu’on prenne du plaisir à remettre les choses. Il faut pouvoir aussi aimer les choses et les aimer longtemps.

C’est quoi les clés de ta réussite, sans précédents ?

1. On n’a pas 20 ans, donc quand on a quitté notre job avec Nicolas, il y avait une grosse ambition et beaucoup de détermination, car on ne prend pas les mêmes risques à notre âge…

2. On a travaillé beaucoup sur la cohérence de ce qu’on allait faire, facilement plus de 6 mois uniquement sur le brand project : nos pilliers de marque, pourquoi on le fait, qu’est-ce qu’on fait, comment on le fait, à qui on s’adresse… On l’a vraiment trituré pour arriver à une cohérence qui nous a permis de lancer quelque chose de clair.

3. J’avais hyper peur de lancer seulement un tee-shirt, du coup on a lancé une marque plutôt qu’un tee-shirt. On a raconté le Manifesto, on a raconté notre futur, et finalement on a donné une étoffe au projet plus importante que ce qu’il y avait en réalité.

4. On a fait rentrer les gens en ayant une ambition très claire, sans avoir forcément les preuves mais en étant sincères. La 4ème clé de notre réussite, c’est qu’on dit la vérité, il n’y a pas trop besoin de réfléchir à comment on va paraître car on fait ce qu’on est.

Et du coup, je pense qu’on a emmené les gens avec nous plutôt que d’essayer de sortir un truc parfait. Finalement on l’a pris du même côté que nos clients, on n’est pas en mode descendant comme dans le luxe, on n’a pas créé de distance. Le risque c’est que ça ne créé pas une marque attractive, car ce qui crée le désir, c’est souvent l’inaccessible, mais l’époque est en train de changer et on peut être à la fois désirable et très proche, c’est les nouveaux social médias qui l’imposent. Je pense que c’est pour ça qu’on a rassemblé des personnes autour de nous et que ça a grossi si vite par le bouche à oreille.

Justement, parlons-en de cette fan base ! Comment l’as-tu fait grossir si vite de manière organique ?

J’ai commencé en janvier 2017 et on a lancé le 21 juin 2017. Le 17 juin, on avait à peu près 800 followers qu’on avait été chercher, un par un, en postant.

Ensuite, on a fait le salon instapreneurs et on a doublé la base car, par accident, on avait rien à vendre, on n’avait pas reçu nos produits … Du coup on a fait Pierre Bellemare tout le salon avec un petit stand, un mood board au mur, un tee-shirt « La boum » et en montrant un morceau de tissu « touchez mon tissu, comme il est beau ».
On ne pouvait pas vendre, du coup c’était un stand cool, il n’y avait rien à acheter, c’était juste « viens regarder le jersey, viens boire une limonade ». Ça nous a donné une énergie vraiment folle, et plein de nouveaux followers ! Le lendemain on a shooté et on a ouvert 2 jours après les précommandes, ça a été une super rampe de lancement !

La 2ème chose qui nous est arrivée c’est d’être out of stock super vite parce qu’on n’avait pas prévu assez. Du coup il y a plein de gens qui ont attendu les réassorts. C’est un truc qui marche au début parce qu’on ne peut pas vivre là-dessus tout le temps bien sûr …
Et après, on a été aidés, Lisa Gachet, Lili Barbery, Et pourquoi pas Coline, qui portent nos produits. Aujourd’hui, on n’a pas de programme d’influence, on n’a pas d’agence de presse, on a encore pas mal de choses à faire !

Qu’est-ce que tu conseillerais à une marque qui veut se lancer ?

Prendre le moins de risques possible en investissements parce qu’il y a rien de pire qu’un stock qu’on a sur les bras.
Bien caler le pourquoi de la marque et de commencer humblement.

Et ce que j’aime bien dans notre projet c’est qu’on a une vision, ce n’est pas qu’un tee shirt. On est très petits mais on a une vue très lointaine car on peut emmener les gens avec nous sur cette vision, ça crée le sentiment de ne pas être tout seuls, d’avoir un projet fédérateur et ça montre toujours une ambition super forte. Cela fait aussi relativiser quand on a des petites galères au quotidien car on sait qu’on est que sur un petit bout de la trajectoire.

Si Patine n’existait pas, pourquoi faudrait-il l’inventer ?

Je ne sais pas si c’est Paine en soi, mais nous, notre proposition c’est de faire une marque modèle pour montrer à quoi va ressembler la mode dans le futur.

On dit qu’ « on est le futur normal », donc tous les murs qu’on se prend aujourd’hui, parce que c’est compliqué, ça fait notre différence. Et en même temps, ça doit inspirer sur comment on doit consommer moins, comment on doit faire attention aux matières, comment on doit être responsable en tant que dirigeant… Notre utilité est là.

Ensuite c’est notre communication : en prenant complétement le contrepied d’une écologie qui peut être parfois culpabilisante. De toutes façons, en faisant de la mode, on est déjà dans le gâchis dans le sens pur du terme des besoins essentiels. On veut parler d’élégance, de kiff, en plus de l’écologie.

Notre vie c’était l’enfance des 80’s, 90’s, l’hyper consommation… J’étais en plein dedans : soirées Pizza Hut, Zara et tout… et du coup comment on garde le bon de tout ça : le plaisir, et on le refait avec cette conscience essentielle du durable et c’est cette tension qui est marrante : la mode et l’écologie.

Dans tes rêves les plus fous, comment imagines-tu Patine dans 5 ans ?

Déjà un lieu, où on pourrait faire plein de choses au-delà d’acheter des vêtements mais surtout pas des habits tout seuls abandonnés sur un portant car ça m’angoisse,… Ce serait un endroit où on pourrait apprendre le lifestyle durable et où on pourrait manger et boire. On aime bien s’inspirer de la food, car on pense que la food est en avance sur la mode, dans cette vision de mêler conscious et cool.

Et le grand grand rêve ce serait d’être international mais local car en fait il y a cette histoire de km… On voudrait que Patine à Los Angeles, ce soit des tee-shirts fabriqués à Los Angeles. Ce serait bien d’avoir des hubs locaux avec des produit recréés.
Il y a de l’exclusif dans le luxe qui vient de la rareté mais finalement la rareté n’existe plus car on trouve tout partout. Du coup, le local recrée la rareté et de désir.

Dans 5 ans j’aimerais bien qu’on ait fait des événements, que le lifestyle prenne une place importante dans notre marque, par exemple un summer camp sur le durable. Et puis une collection beaucoup plus riche avec des nouveaux jersey, du jean, du chaine et trame, des accessoires, des manteaux… matière, par matière. Et enfin, un resto Patine avec les légumes du toit Patine chauffés au soleil, avec notre cuvée Patine ce serait trop bien !

Sur quoi tu ne transigeras jamais (croix de bois/croix de fer/promis/juré/craché) ?

Nos engagements écologiques ne pourront pas bouger. A terme, on voudrait que nos objectifs sociaux et environnementaux soient au même niveau que notre objectif de croissance et de profit.
Le fait d’avoir nos indicateurs au cœur fait que nos engagements sont une énorme contrainte et en même temps une énorme preuve de notre sincérité. Et au final, ça facilite la vie, car on ne peut pas faire certaines choses, mais en même temps ça nous fait décider plus vite.

Et le style de Patine très 80’s, 90’s, tu le vois comme faisant partie de la marque ou comme un effet de mode ?

Sincèrement je n’avais pas du tout vu ce retour de tendances, on n’avait pas encore de produits, c’était des couleurs des typos des mots clés : « généreux », « inclusif », etc. J’ai publié ce que j’aimais bien et finalement j’étais hyper conformiste !

Ça nous a plutôt servi qu’autre chose et je pense que je ne vais pas me lever un matin en me disant que j’adore les 70’s. C’est dans l’ADN à la base, ça nous permet aussi de dire, de produire notre propre rendu, de raconter une émotion qu’on a vécue. C’est plutôt le spirit de ces années-là que je retiens, cette espèce d’insouciance, d’hyper consommation, Zara, les boites de burger en plastique… c’était n’importe quoi !

Et sinon, demain tu fais quoi ?

Je pars au Portugal pour voir la dernière version du nouveau jean ! On est impatients car on a réalisé ce jean en prenant en compte l’avis et les besoins de notre communauté. On a appris des choses étonnantes… Stay tuned !

Merci à @Charlottetexas de nous avoir raconté l’aventure et le coeur de PATINE. Des rendez-vous comme ça nous rappellent qu’on peut faire de grandes choses en étant « petits » mais constructifs, imaginatifs, et visionnaires. Si vous avez besoin d’aide pour créer des identités et plateformes de marque solides, c’est notre passion, et c’est par ici !

By Studio Le Paradis x Collection Lab

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